Le culte de notre dame en Gironde

Langon et La Vierge Marie – Les vestiges de l’église Notre-Dame du
bourg

C’est au XIIe siècle, que fut édifiée cette église remarquable. Elle fut de nombreuse fois remaniée et a subi d’importantes destructions en devenant bien national pendant la Révolution et en étant transformée en lieu de réunion, de spectacles puis en cinéma.

En 1926, le propriétaire décida de vendre la plupart des chapiteaux à un riche collectionneur américain. Huit d’entre eux sont aujourd’hui exposés au musée du cloître à New York. 
Dans son livre, Langon à travers les siècles, André Sapaly écrit :
“Un de ces chapiteaux, le plus célèbre et le plus beau de tous, représente deux têtes couronnées d’un diadème ; celle de droite pourrait être un visage féminin dans lequel certains ont voulu voir celui d’Aliénor d’Aquitaine.”

Sanctuaire de Verdelais. Des origines à aujourd’hui.

En 1095, le pape Urbain II mobilise l’Occident pour la première croisade en Terre Sainte.
Le chevalier Géraud de Graves, originaire de Saint-Macaire, participe à cette croisade ; au cours d’un combat périlleux il fait vœu – s’il s’en sort victorieux – d’élever une chapelle en l’honneur de la Vierge Marie…
En 1112, revenu au pays, Géraud se retire au Luc, une vallée boisée non loin de Saint-Macaire. Il édifie une chapelle et y place une statue de la Vierge, qu’il a rapportée de Terre Sainte – et sculptée de sa main… Géraud vit là en ermite jusqu’à sa mort, en 1159. Près de la chapelle coule une source : on attribuera plus tard des vertus miraculeuses à cette eau.
En 1160, Amadieu, Seigneur de Saint-Macaire et ami de Géraud, fait appel à des moines, les Grandmontains, pour poursuivre l’œuvre mariale de l’ermite. Ces moines resteront à Verdelais jusqu’en 1604.
En 1185, un adolescent, aveugle de naissance, est guéri lors d’une messe : c’est le premier miracle connu de Verdelais.

Vers la fin du XIIIe siècle, pendant la Guerre de Cent Ans, la basilique est pillée par les Anglais et la statue de la Vierge est volée.
Un siècle plus tard, en 1390 une statue est retrouvée enfouie dans un caveau. Selon la légende, elle aurait été retrouvée par la comtesse Isabelle de Foix-Castelbon, épouse d’Archambaud de Grailly, sous le « pas de sa mule » alors qu’elle se rendait à son château.
La nouvelle statue fut alors replacée dans une chapelle et les pèlerins affluèrent à nouveau.
En 1558, les Guerres de religion font rage et la chapelle est à nouveau mise à sac et incendiée. La statue est alors récupérée intacte du brasier et les habitants de Verdelais décident alors de la cacher pour la protéger. Ils la mettent à l’abri dans le tronc d’un arbre d’où elle sortira en 1605. Quatre ans plus tard, le 28 mars 1609, le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, visite la région. À la suite de la demande insistante des habitants, il envisage de faire restaurer l’église.
En 1627, le Cardinal François de Sourdis (1574-1628) demande à d’autres moines, les Célestins, de prendre en charge le Sanctuaire. Ils entreprennent de grands travaux de restauration et d’agrandissement. Ils donnent au sanctuaire son caractère baroque. Ils construisent un nouveau monastère, l’actuelle Mairie. En 1769, la Commission des Réguliers interdit aux Célestins de recruter. En 1778, l’ordre est supprimé.
En 1826, a la demande du cardinal de Cheverus ( 1768-1836), des missionnaires diocésains viennent à Verdelais ; mais la révolution de 1830 les oblige à quitter le sanctuaire.
En 1852, le cardinal Donnet (1795-1882) fait appel aux Pères Maristes, qui, à leur tour, entreprennent de grands travaux : bas-côtés, clocher, chemin de croix et calvaire, et donnent au sanctuaire de Verdelais l’aspect qu’il a conservé jusqu’à nos jours.
Le Pape Pie IX offre des couronnes pour la statue de Notre-Dame de Verdelais. Le Couronnement a lieu le 2 Juillet 1852, fête de la Visitation.
En 1990, les Passionistes prennent la suite des Maristes, jusqu’en 2007.
En 2007, le Cardinal Jean-Pierre Ricard fait appel aux Marianistes, congrégation fondée en 1817 à Bordeaux par le Père Guillaume-Joseph Chaminade, pour prendre la suite des Passionistes.

Galgon

Voici un extrait d’une chronique rédigée par un ancien curé de Galgon, de 1901 à 1911 :
l’abbé Charles BATTINI, au sujet de la Vierge de Queynac :
« à l’époque de la Révolution de 1793, une bonne chrétienne, habitant la commune de
Queynac, craignait avec raison de voir profaner et détruire la statue de la Vierge érigée dans
l'église de cette paroisse. Alors elle fit transporter la statue de Notre Dame dans sa demeure et, pour la soustraire aux mains des révolutionnaires qui terrorisaient notre pauvre France, elle fit placer la statue au-dessus de son four. Ce fut donc en ce lieu que la Vierge de Queynac a passé toutes les années de la Terreur. 
« Quand la paix eût été rendue à notre malheureux pays, Madame Marie BOUSQUET,
(institutrice à Galgon et Queynac de 1840 à 1880) ayant appris où se trouvait cachée la
statue vénérée depuis longtemps dans le pays, la fit transporter dans son école et lui donna la
place d’honneur dans sa salle de classe.
« Plus tard la Vierge de Queynac a été placée dans l’église de Galgon où elle se trouve
aujourd’hui au-dessus du maître autel. »
 Cette statue a été redorée à l’initiative de l’Association des Amis de l’église Saint Seurin de
Galgon, par Madame Catherine ETCHEBERRY en 2019 et elle se trouve sur un piédestal en
pierre, en haut de la nef, côté gauche, à l’entrée du chœur ; elle est l’objet de la vénération
quotidienne de nombreux fidèles.

Gornac, Notre dame des émigrés

 

Dans ce village de 435 habitants, il est de coutume d’honorer la Vierge Marie depuis 2008.

Les processions mariales débutent au lieu-dit Castelande chez la famille Possamaï où un petit oratoire y a été érigé. Cet oratoire est le signe de la reconnaissance envers Marie d’une famille italienne venue en France afin de trouver du travail. 

La Sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph, a connu, elle aussi, l’exil en Égypte. 

Le début de la prière du Pape Pie XII à Notre Dame des émigrés y est inscrite dans la niche où trône ND de Lourdes illuminée jour et nuit au bord de la route qui traverse la propriété. 

« Très Sainte Vierge Marie, Vous qui accompagnez sur les routes du monde ceux qui s’expatrient pour chercher du travail et du pain, après avoir connu Vous-même l’exil, regardez avec bienveillance notre condition »

Les processions partaient depuis Castelande vers l’église, ou inversement, avec bannière mariale et Saint Sacrement, pour fêter soit la Nativité de la Vierge Marie, le mois du Rosaire, la prière pour la Vie ou encore à l’occasion de la kermesse. Ceci jusqu’au décès de Mme Possamaï en octobre 2016.

Le 15 mai 2019, c’est une statue pèlerine de Notre Dame de France qui a été accueillie en l‘église de Gornac pour un temps de prière aux intentions de tous les habitants de Gornac. Une paroissienne l’avait ramenée de Colmar (Haut Rhin).

Une Confrérie du Rosaire s’est constituée également entre les paroisses de Gornac, St Martial et Mourens avec l’impulsion du Père Antoine-Marie BERTHAUD, dominicain.

 

Targon – Eglise Saint Romain

L’église Saint Romain de Targon, située sur un coteau auprès duquel se réunissent les deux ruisseaux donnant naissance à l’Eville, est un remarquable spécimen des églises fortifiées, peut être l’œuvre des templiers au XIIème siècle. Son clocher et ses deux échauguettes (tourelles) lui donnent un caractère particulier. 

L’intérieur de l’église : 

La partie la plus ancienne (la grande nef et l’apside) est construite dans le style du XIIème siècle. Les voûtes romanes de la nef principale, la rosace, les fenêtres latérales sont de 1859. 

Les voûtes de la nef latérale furent faites la même année dans le style du XVème siècle, comme l’indique l’architecture de cette partie de l’église : mélange de gothique fleuri et de renaissance. 

Les sculptures évoquent la vie : 

  • Les pommes de pins : la vie éternelle ;
  •  L’Ostie, les agneaux, la coupe et les combes : la vie spirituelle du sacrement de l’eucharistie ;
  • Les animaux et les plantes : la vie animale et végétale. 

Près de l’autel de Sainte Thérèse, on trouve le gisant (debout) d’un templier (du XVème siècle). Ce gisant vient des ruines de Monta Rouch, autrefois chapelle des templiers, située à 3 km de Targon sur la route de Branne. 

Au-dessus de l’autel de la vierge, nous trouvons : notre dame de Verdelais, « consolatrice des affligés », et au fond de la nef centrale : notre dame des victoires. Cette statue de la vierge nous rappelle une grande victoire navale de la flotte chrétienne à Lépante en 1571 sur la flotte turque d’Ali Pacha. Ce fut la fin de l’invincibilité ottomane. 

Aujourd’hui, supplions la vierge Marie de nous délivrer de cette pandémie du covid 19

NOTRE DAME DE SAINT AUBIN DE BLAGNAC (DE BRANNE)

La paroisse de Saint Aubin – petit village de « l’Entre-deux-Mers », est née en l’an 1078.

Son église romane, du haut de ses mille ans d’existence, renferme une belle statue de la Vierge « orante », c’est-à-dire en prière, placée dans une niche à l’intérieur de l’église au-dessus du portail d’entrée. 

Cette statue en bois polychrome semble dater du XVIIIème siècle, et ce sera à l’occasion de sa mise en place que notre église fut placée sous le vocable de “ Notre Dame“, comme bien d’autres églises de Gironde.

 L’attitude suppliante des deux mains jointes vers le haut, du côté droit et le regard porté vers le haut semble indiquer que le sculpteur sur bois s’était inspiré d’une “Madone“ italienne. 

La Sainte-Vierge à Saint-Exupère de Laruscade

La statue de la Mater Dei  (fin du XVIIème siècle)

Les ruscadiens l’appellent « La Vierge à l’enfant ». L’abbé Jean-Marie Belloumeau, curé de Saint-Exupère de Laruscade de 1838 à 1873, rapporte qu’elle a été sculptée au hameau du Touzinard (près du Bourg) à la fin du 17ème siècle, par un Ruscadien dont on ignore le nom. 

Pendant presque trois siècles elle resta sur l’autel, dans la chapelle de Notre-Dame (bas-côté sud). Cette statue était autrefois entourée de quatre anges dont deux soutenaient une couronne sur sa tête. 

Sur le socle en pierre sont gravées deux inscriptions : « EDIFICA ET BENEDICTA 1767 » et « PARROCO TAYAC 1767 ». Deux hypothèses ont été retenues sur l’origine de ce socle. Soit il fut la base de la Croix de Mission en pierre érigée entre le Bourg et le Touzinard en mars 1767. Soit il fut la base de l’ancienne croix en  pierre qui fut érigée la même année dans le cimetière qui entourait alors l’église. Tout cela sous l’initiative de Cassagnes Tayac, l’archiprêtre de Bourg, curé de Gauriac et desservant de la Ruscade et de Cavignac.  

La statue de la Vierge de l’Immaculée Conception (1863)

Dans la période qui suivit les apparitions de la Vierge à Lourdes (1858), l’abbé J.-M. Belloumeau, alors curé desservant de La Ruscade, ouvrit une souscription pour ériger une statue à la gloire du Dogme de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge. La souscription close en mai 1863, la statue fut sculptée par M. Minquini, rue Rataud à Bordeaux. Puis elle fut  érigée sous un dais en pierre à l’entrée de l’allée qui mène à l’église. 

Le Grand Retour de Notre-Dame de Boulogne à travers la France (1943-48)

Passage à Laruscade vers la mi-août 1943. 

 Alors que la France est dans le malheur, les autorités religieuses vont susciter la dévotion des gens et les inviter à prier pour la libération de la France et le retour des Prisonniers. 

La France est consacrée au Cœur Immaculé de Marie le 28 mars 1943. Quatre reproductions de la statue de Notre-Dame de Boulogne, parties de Lourdes à cette date, vont sillonner jusqu’en 1948, les diocèses et les paroisses (plus de 16000 seront visitées) en direction de Boulogne. Une statue de la Vierge et de l’enfant Jésus, placée dans une coque de navire, est déplacée sur une petite charrette, de paroisse en paroisse. 

Les hostilités n’interrompent pas les pèlerinages traditionnels et les forces de l’occupation ferment les yeux. Cette manifestation religieuse prit une dimension nationale et fut d’une ampleur inégalée.  

Sur la banderole : « NOTRE DAME DE LA PAIX ». Colette Dupuy porte la bannière. Au sol une jonchée de lauriers. Le passage tant espéré de la barque mariale suscite d’émouvantes manifestations de foi populaire assez spontanées. Lors de la procession, les bannières sortent des églises, des fleurs, des objets de piété et des dons d’argent sont déposés dans la barque. Au passage de la Vierge nautonière des cantiques s’élèvent, dont le « Chez nous soyez Reine ». Manifestation de la survivance populaire du « Regnum Galliae, regnum Mariae ». Espoir et courage furent ravivés. 

On avait dit aux jeunes hommes que « si la Vierge arrivait à bon port, la guerre finirait ». Ce qui les encouragea à se porter volontaires pour tirer la charrette. 

La Sainte-Vierge. Peinture de l’abbé Silverio de Zabala, vers 1945.

Pendant son ministère à Saint-Exupère de Laruscade, l’abbé Silverio de Zabala peignit cette effigie de la Sainte Vierge. Visage de biais, incliné vers un petit bouquet de fleurs. L’auréole bleu sombre s’éloigne de la couleur traditionnellement lumineuse, généralement dorée, des peintures médiévales. La teinte du visage, olivâtre, si loin des carnations angéliques, rappelle le ton terreux des icônes, qui exprime que la chair est mortelle. 

La pâte épaisse, la touche large plombe le voile de la tête. Une impression de pesanteur sur un visage serein. En 2012, cette toile était conservée par Mme Elisabeth Marinier, née Boiteau, chez elle, à Berson (Gironde).